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Verdict
Pour les toutes premières enceintes stéréo actives de Cambridge Audio, les L/R S prennent un excellent départ. C'est une conception sûre d'elle, qui prend judicieusement en compte la façon dont les gens les utiliseront dans le monde réel. Et elles sont également élégantes.
Ce son équilibré, raffiné et facile à écouter est impressionnant pour un produit de ce type et de ce prix, et nous pensons qu'un soupçon d'énergie, de précision et de clarté supplémentaire pourrait bien catapulter ces enceintes compactes Cambridge vers les sommets. Les Ruark et Onkyo de ce monde peuvent dormir sur leurs deux oreilles pour l'instant, mais elles garderont certainement un œil sur ce nouveau prétendant.
« Qu'est-ce qui a pris autant de temps ? »
C'est une question légitime que l'on pourrait poser à Cambridge Audio, qui, au cours de ses près de 60 ans d'histoire, s'est essayée à presque toutes les catégories audio : amplificateurs, lecteurs CD, streamers musicaux, platines vinyles, caissons de basses, enceintes sans fil… et même un lecteur Blu-ray.
Le fait qu’il ait fallu 58 ans à la marque audio britannique pour lancer ses toutes premières enceintes actives peut paraître surprenant, mais nous lui pardonnerons ce léger retard. La nouvelle gamme d’enceintes actives L/R de la marque se décline en trois tailles, et c’est la plus petite de la gamme que nous testons ici, la Cambridge Audio L/R S. Cette petite enceinte de bureau marque-t-elle le début d’une série à succès ? Elle semble en tout cas très prometteuse.
La L/R S est le modèle le plus petit et le moins cher de la gamme d’enceintes L/R de Cambridge, et coûte 499€ la paire. Cela la place en concurrence directe avec les enceintes de bureau amplifiées Ruark MR1 Mk3, primées à plusieurs reprises, tandis que la GX-30ARC d’Onkyo, notée cinq étoiles, est disponible à un prix légèrement inférieur.
Les L/R S sont disponibles en six finitions, dont les classiques noire et blanche, ainsi que des finitions plus colorées verte, bleue et orange. Si vous optez pour la finition en placage de noyer de notre modèle d'essai, vous devrez débourser un peu plus, soit 549€ la paire.
Si vous prévoyez d'installer les enceintes L/R S sur votre bureau, sachez qu'il existe des supports de bureau inclinés optionnels qui orientent les enceintes vers le haut afin que le son soit mieux dirigé vers vous.
Fabriccation & design
Si vous disposez d'un espace limité – petites pièces, chambres d'étudiants, surface disponible restreinte –, ces enceintes actives feront des merveilles. Chaque boîtier mesure tout juste moins de 23 cm de haut et environ 13 cm de large – soit pas plus large qu'un livre de poche moyen –, ce qui signifie qu'elles trouveront leur place sur la plupart des bureaux et et meubles, idéalement disposées de chaque côté d'un ordinateur portable ou de votre téléviseur.
Les enceintes elles-mêmes affichent un look soigné et élégant, et nous imaginons sans peine le design minimaliste de leur coffret s'intégrer dans la plupart des intérieurs, que vous souhaitiez qu'elles se fondent dans un décor épuré ou qu'elles apportent une touche de couleur grâce à leurs teintes plus vives.
La qualité de fabrication est d'un excellent niveau, avec des arêtes nettes et précises ainsi qu'une finition lisse. Nous apprécions particulièrement la façon dont le logo Cambridge est gravé dans la finition au sommet du coffret. Le rendu est très élégant.
Chaque enceinte est équipée d'un tweeter en aluminium de 21 mm et d'un haut-parleur de médium/grave à longue excursion de 76 mm, avec un évent bass-reflex positionné à l'arrière de chaque boîtier. Tous les haut-parleurs sont alimentés par une amplification de classe D, et l'ensemble des L/R S revendique une puissance totale impressionnante de 100W, répartie équitablement entre les deux canaux.
Le tweeter dispose d'un large guide d'ondes qui, avec le haut-parleur de médium/grave, occupe la majeure partie de la façade ultra-minimaliste, la couleur orange métallique du dôme pointant le bout de son nez pour apporter un certain intérêt visuel. Les enceintes ne sont pas livrées avec une grille, mais la pièce de phase du tweeter fait également office de protection pour parer aux éventuels doigts indiscrets.
Il s'agit d'une conception entièrement active, toute l'amplification et l'électronique étant logées dans l'enceinte principale. Le câble de liaison de 2 m fourni possède un conducteur spécifique à 4 broches qui transmet le signal à l'enceinte secondaire. Ce câble dispose également d'un mécanisme de verrouillage particulièrement sûr à chaque extrémité. Si vous avez besoin d'un écartement plus important entre les enceintes, un câble de 5 m est également disponible à l'achat séparément.
Viser la simplicité semble être l'objectif principal de ces petites enceintes actives. Il n'y a aucun bouton ni molette sur l'enceinte pour choisir les entrées ou régler le volume – ce qui pourrait agacer certains utilisateurs qui aiment avoir ces commandes à portée de main –, mais une LED avec un code couleur située sous l'enceinte principale indique clairement l'entrée sélectionnée.
Une télécommande est fournie pour gérer la sélection de l'entrée, le volume et l'alimentation. C'est un boîtier fin en plastique léger, mais il fonctionne bien, et à votre place, nous ferions bien attention à ne pas égarer cette télécommande.
Vous pouvez placer ces petites enceintes à peu près n'importe où, et sachant cela, Cambridge a pris des mesures pour s'assurer que les L/R S soient capables de donner le meilleur d'elles-mêmes quel que soit leur emplacement. À l'arrière, vous trouverez une paire d'interrupteurs : l'un pour indiquer si les enceintes sont placées sur un bureau ou non, et un autre pour indiquer si elles sont positionnées près d'un mur (« near wall ») ou dans un « espace dégagé » (« free space »). Le mode « near wall » est simple. Il réduit les bas-médiums autour de 100 Hz pour compenser l'effet de résonance qui peut se produire lorsque les enceintes sont placées très près d'un mur arrière.
Le mode « desk top on » (bureau activé), quant à lui, traite deux problèmes à la fois – l'alignement temporel et la réflexion du bureau – et démontre à quel point les ingénieurs de Cambridge ont réfléchi à cette conception. Lorsque de petites enceintes sont placées sur un bureau, les haut-parleurs se situent naturellement plus bas que votre hauteur d'écoute. Ce mode bureau compense cet effet en retardant la sortie du tweeter et en réajustant les hautes et moyennes fréquences pour que la musique sonne « juste » depuis votre position d'écoute.
De plus, ce mode atténue également les fréquences moyennes (autour de 700 Hz, selon Cambridge) pour équilibrer l'énergie indésirable provenant du son des enceintes qui se réfléchit sur le bureau.
Nous vous conseillons d'essayer les différentes combinaisons pour voir ce qui fonctionne le mieux selon le placement de vos enceintes. Nous avons plutôt apprécié l'association du mode « free space » et du maintien du mode « desk top » sur arrêt pour obtenir un son globalement plus riche et plus solide, mais l'effet variera en fonction de votre pièce et de la surface sur laquelle les enceintes sont posées.
Enfin, il y a un troisième interrupteur à bascule très utile qui vous permet d'attribuer l'enceinte principale au canal gauche ou droit, vous offrant ainsi une plus grande flexibilité de placement.
Alors que leurs grandes sœurs – les L/R X et L/R M – bénéficient de fonctions intelligentes de streaming réseau complet, le bébé de la famille reste une fois de plus sur une formule épurée et simple en proposant le Bluetooth pour le streaming. Les entrées physiques des L/R S comprennent une paire d'entrées ligne RCA, une entrée optique et une entrée USB-C, et on trouve également une sortie pour caisson de basses.
Il convient de noter que si les entrées optique et USB-C prennent toutes deux en charge les fichiers audio haute résolution jusqu'à 96 kHz, le DSP des enceintes rééchantillonnera/convertira automatiquement tous les fichiers en 24 bits/48 kHz.
De façon peut-être surprenante en cette période de popularité durable du vinyle, il n'y a pas d'étage phono intégré ici, contrairement à ce que l'on trouve chez les concurrents Ruark et Onkyo. Il n'y a pas non plus d'entrée HDMI ARC, que l'on trouve pourtant sur les enceintes Onkyo moins chères.
Quoi qu'il en soit, vous pouvez toujours connecter une grande variété d'appareils à ces enceintes, notamment un lecteur CD, un téléviseur, un smartphone/ordinateur portable, et même une platine vinyle équipée d'un préampli phono, comme la Sony PS-LX3BT. Le Bluetooth embarque les codecs de qualité supérieure aptX et aptX HD, et l'appairage avec notre smartphone ne prend que quelques secondes.
L'utilisation de ces enceintes est un jeu d'enfant. Une fois connectées, elles sont faciles à contrôler à l'aide de la télécommande fournie ou avec votre téléphone appairé lorsque vous streamez depuis Tidal ou Spotify.
En plus des commutateurs permettant d'ajuster le son des enceintes selon leur position, trois modes sonores sont également proposés : Normal (le mode par défaut), Voix (qui accentue les médiums/la voix) et Film (qui augmente les basses et les hautes fréquences pour plus d'impact, ainsi que les médiums pour des dialogues plus clairs).
Nous apprécions le fait que les modes d'égalisation soient plutôt subtils à l'usage. Les voix sont un brin plus claires et plus en avant lorsque l'on active le mode Voix pendant des podcasts, et le mode Film n'exagère pas les pics de fréquences, mais nous préférons le son plus équilibré et solide du mode Normal pour tous les types de contenus audio.
Nous installons les enceintes L/R S sur le bureau de l'une de nos salles d'écoute, de chaque côté de notre ordinateur portable, connectées en Bluetooth, et nous les laissons tourner pendant que nous travaillons. Cela nous permet non seulement de roder les enceintes, mais aussi d'évaluer leur comportement lorsqu'elles sont utilisées exactement de la manière dont nous imaginons que la plupart des gens le feront. Le son des enceintes sera-t-il trop lourd dans le grave sur le bureau ? Sera-t-il trop puissant et distrayant, ou s'effacera-t-il à l'arrière-plan ? Y aura-t-il de l'agressivité dans les aigus pour nous agacer ?
Au fil de nos écoutes de Rosalia, Eminem, Waxahatchee, Geese, Rachmaninov et bien d'autres, nous constatons que nous cohabitons de manière plutôt harmonieuse avec ces enceintes compactes Cambridge. Ce qui est impressionnant, c'est à quel point elles sont agréables et régulières sur l'ensemble des fréquences – cela permet une écoute très facile à vivre, et que l'on pourrait prolonger pendant des heures sans ressentir de fatigue.
Il n'y a aucune agressivité perceptible dans l'aigu, qui sonne de manière plutôt civilisée et cultivée, même lorsqu'il s'attaque aux sommets percutants et audacieux de Starburster de Fontaines D.C. Le grave est assez tendu et agile sans être envahissant, ce qui est appréciable si vous écoutez les enceintes de près et sur des surfaces résonnantes. Les L/R S offrent moins de poids dans le grave que leurs rivales plus exubérantes, les Ruark MR1 Mk3, et le son n'est pas aussi musclé face à la ligne de basse sombre d'Angel de Massive Attack. Mais le rythme est mené à une bonne cadence.
Le niveau de détail offert est satisfaisant, en partie grâce à un fond sonore propre et à faible distorsion. Que nous écoutions ces enceintes via Tidal en Bluetooth ou en USB, ou des CD sur un lecteur Cyrus CDi connecté, le rendu reste cohérent. Des voix miellées de Waxahatchee aux tons plus discordants et nonchalants de Geese, nous trouvons que les enceintes créent également un très joli point d'écoute central (« sweet-spot ») bien solide pour les voix.
L'écoute à faible volume ne permet pas tout à fait d'avoir une image complète des capacités des enceintes ; montez le volume, et vous les verrez prendre vie. Si vous atteignez la limite maximale du volume Bluetooth de votre smartphone et que vous vous demandez si c'est tout ce qu'elles ont dans le ventre, saisissez la télécommande et augmentez encore le son. Ces enceintes peuvent jouer plutôt fort. Veillez simplement à ne pas aller trop haut, car les choses commencent alors à devenir incontrôlables et criardes.
Même si nous admirons leur régularité et leur sens de l'ordre, nous trouvons que les enceintes L/R S peuvent parfois se montrer un brin réservées. Sur certains morceaux – comme sur The Way I Am et Forgot About Dre d'Eminem –, nous nous surprenons à vouloir pousser les enceintes, pour qu'elles s'attaquent au rythme entraînant avec plus d'impact et de panache. Les notes de piano de Light Of The Seven (Game Of Thrones) défilent en douceur, mais elles gagneraient à avoir un degré supérieur de précision et d'urgence pour mieux traduire la montée en tension du morceau.
En comparaison, les enceintes concurrentes Ruark MR1 Mk3 ont l'avantage en ce qui concerne l'élan rythmique et l'expression dynamique. Elles sont également capables de délivrer un son plus grand et plus ouvert, avec davantage d'espace entre les instruments et les voix.
Nous trouvons que les enceintes Ruark sonnent également plus clair sur l'ensemble du registre médium, ce qui révèle un degré supérieur de subtilité et de discernement. En comparaison, la Cambridge donne l'impression qu'un voile nuageux recouvre les médiums, et nous aurions adoré l'entendre nettoyé pour que les textures et les subtilités puissent se libérer. La voix de Bon Iver sur Exile est superposée de textures riches, pleine de personnalité et d'émotion à travers les Ruark – cet effet est un peu atténué avec les L/R S.
Nous vous recommandons d'investir dans les supports de bureau optionnels pour les L/R S, car le fait d'incliner physiquement les enceintes vers votre position d'écoute permet d'obtenir un son plus clair et plus solide. Une écoute nettement hors de l'axe modifie quelque peu l'équilibre, il conviendra donc de prêter attention au positionnement des enceintes et d'expérimenter les différents modes de commutation pour trouver le son idéal pour vous.